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Michel Coulombe et Marcel Jean (dir.), le Dictionnaire du cinéma québécois, 1988, couverture

Benoît Melançon, «En bref : le Dictionnaire du cinéma québécois / Michel Coulombe et Marcel Jean», Spirale, 86, mars 1989, p. 13.

Le Dictionnaire du cinéma québécois sous la direction de Michel Coulombe et Marcel Jean, Montréal, Boréal, 1988, 530 p. Préface de Rock Demers.

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Le Dictionnaire du cinéma québécois de Michel Houle et Alain Julien (Fides, 1978) compte environ 150 articles, rédigés par deux personnes. Préparé sous la direction de Michel Coulombe et Marcel Jean, eux-mêmes assistés d’un comité de rédaction de quatre membres, l’ouvrage qui paraît chez Boréal est d’une tout autre envergure : 550 pages, plus de 650 articles, une liste de 333 films avec leur générique, une soixantaine de collaborateurs — ce n’est pas pour rien qu’il se présente comme «le» dictionnaire du cinéma québécois. Ne serait-ce que statistiquement, il va s’imposer dans les études cinématographiques québécoises, comme s’imposera l’Histoire générale du cinéma au Québec d’Yves Lever parue il y a quelques mois, également chez Boréal.

L’importance matérielle du volume ne doit pourtant pas faire oublier que sa méthodologie aurait gagné à être précisée. Alors qu’Houle et Julien consacrent huit pages à expliquer l’utilisation de leur dictionnaire et leurs choix critiques (fort subjectifs, il est vrai), dans celui de Coulombe et Jean on doit se contenter de trois petites pages. On aurait bien aimé savoir qui n’a pas été retenu pour ce volume et pour quelles raisons (en entrevue, les éditeurs n’hésitaient pas à parler des choix qu’il leur avait fallu faire), apprendre ce qui distingue le cinéma québécois du cinéma canadien (puisqu’il ne s’agit manifestement pas d’une différence linguistique, les cinéastes anglophones y figurant au même titre que les francophones), ou encore connaître les critères qui ont servi à délimiter la longueur des textes et à dresser les rares bibliographies en fin d’articles (y avait-il une politique éditoriale ? était-ce laissé aux soins des rédacteurs ?). Contrairement à Houle et Julien, Coulombe et Jean n’ont pas consacré d’entrée à des films en particulier, préférant proposer un dictionnaire biographique, mais ont choisi 39 «Entrées générales» (associations, courants, types de cinéma, etc.); on pourra s’étonner de l’absence d’entrée portant sur les liens entre le cinéma et la littérature ou les arts plastiques, d’autant plus que bon nombre d’articles indiquent des rapprochements entre ces activités. Malgré les inévitables inégalités stylistiques et documentaires de tout ouvrage de cette dimension, il ne saurait être question de minimiser sa richesse (achevé d’imprimer en novembre 1988, il répertorie même les films de 1989…), mais simplement de s’interroger sur les critères qui en ont déterminé les choix. De même, on peut se demander ce que fait ici la préface bâclée et inutile de Rock Demers; le Dictionnaire du cinéma québécois avait-il besoin de la caution, fût-elle improvisée, d’un de ses producteurs les plus prospères ?


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