Site de Benoît Melançon / Publications numériques


Pierre Lavoie, Pour suivre le théâtre au Québec. Les ressources documentaires, 1985, couverture

Benoît Melançon, «En bref : Pour suivre le théâtre au Québec : les ressources documentaires / Pierre Lavoie», Spirale, 53, juin 1985, p. 19.

Pour suivre le théâtre au Québec. Les ressources documentaires de Pierre Lavoie, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, coll. «Documents de recherche», 4, 1985, 521 p.

ORCID logo Identifiant ORCID : orcid.org/0000-0003-3637-3135


Ne serait-ce que pour son importance statistique, il faudrait saluer la parution de Pour suivre le théâtre au Québec : plus de 500 pages, près de 1700 entrées réparties en sept sections et dix-huit sous-sections, une présentation et un index d’une quarantaine de pages respectivement. Cette bibliographie fourmille de renseignements qui éviteront à la communauté des chercheurs de «refaire les mêmes sempiternels dépouillements ad nauseam». Y sont présentés les bibliographies spécialisées et générales, les documents audiovisuels, les études théâtrales, les fonds d’archives, les mémoires et thèses et les publications gouvernementales. Mais le travail de Lavoie intéresse également par les positions défendues dans une substantielle introduction. En esquissant le bilan des recherches sur «l’activité spectaculaire» au Québec, Lavoie montre la nécessité d’une volonté politique pour sortir la recherche de son anarchie actuelle : «Il est grand temps que des projets bien définis et coordonnés dans le secteur de la documentation théâtrale et spectaculaire soient entrepris et menés à terme, grand temps que le culturel soit reconnu comme un des fondements primordiaux de toute société civilisée qui se respecte et qui a le sens de la valeur de ses richesses culturelles et de ses traditions, de leur impact sur son avenir.» Lavoie propose des mesures précises : «coordination maximale» entre organismes archivistiques, création d’une Maison des arts du spectacle (centre de documentation-musée-bibliothèque), constitution «une fois pour toutes» de la bibliographie des œuvres théâtrales québécoises, «autant celles qui ont été publiées que celles qui sont demeurées inédites», et d’une bibliographie «analytique précise» de la critique, application plus stricte du dépôt légal (ce qui permettrait de rassembler tous les documents imprimés au Québec), mise sur pied d’une «banque de textes» et d’une «banque de documents audiovisuels de qualité», analyses spécifiques (économiques, statistiques, sur le théâtre pour l’enfance et la jeunesse, etc.). L’auteur insiste pour libérer le théâtre des études strictement littéraires, en montrant l’importance de tous les artisans de la scène ou de la radio et de la télévision.

Ce que propose Lavoie est ambitieux et sa réalisation incertaine. Il reste que le «regroupement» et le «classement» qu’il présente devraient servir de base à toute réflexion sur une éventuelle «harmonisation» des ressources. Et cela même si on peut chicaner l’auteur sur quelques questions de détail : absence d’une table d’abréviations, bibliographie plus descriptive que «commentée», disparité entre les descriptions, absence des critères de définition de certains choix, insuffisance des renvois, imprécisions et incohérences (rares, il est vrai). Dans l’ensemble, Lavoie est minutieux, jusqu’à inventorier les titres à paraître, les thèses terminées mais non soutenues et les textes qui concernent peu le théâtre malgré un titre prometteur. Sans prétendre à l’exhaustivité, cet ouvrage pose un jalon important de la recherche théâtrale au Québec et justifie doublement son titre : sa bibliographie permet de suivre l’histoire du théâtre au Québec des origines à nos jours; complétée et mise à jour, elle devrait accompagner l’évolution du théâtre, se développer au même rythme.


Retour à la liste des publications numériques de Benoît Melançon

Retour à la page d’accueil de Benoît Melançon


Licence Creative Commons
Le site de Benoît Melançon est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’;utilisation commerciale 4.0 international.