Site de Benoît Melançon / Collection «Socius»
La collection «Socius / Littérature, art, discours, société» accueille des ouvrages dans lesquels les interactions de la culture et de la société sont centrales. Publiée par les Presses de l’Université de Montréal, elle est dirigée par Benoît Melançon du Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.
Les ouvrages de la collection «Socius» sont disponibles sur OpenEdition.
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Dernière mise à jour : 14 octobre 2025
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Gagnon, Alex, la Communauté du dehors. Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe-XXe siècle), Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Socius», 2016, 492 p. ISBN : 2-978-7606-3687-3. (39,95 $ / 36 euros)
Disponible en ligne : <https://books.openedition.org/pum/20191>
Lauréat de mai 2017 du concours Étudiants-chercheurs étoiles des Fonds de recherche du Québec (FRQSC)
Prix Gabrielle-Roy 2016
Prix de l’Association canadienne des études francophones du XIXe siècle 2017
Prix de l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens (APFUCC) 2016-2017
Prix Jean-Éthier-Blais de la Fondation Lionel-Groulx 2017, ex-æquo
Prix du Canada en sciences humaines et sociales de la Fédération des sciences humaines du Canada 2018
Grand Prix du livre de la ville de Sherbrooke 2018, catégorie essai
Quatrième de couverture
On connaît «la Corriveau», sa légende sulfureuse, les grincements de sa cage et les exploits sanguinaires que lui attribue la tradition. Mais on connaît beaucoup moins les crimes illustres du «docteur l’Indienne» (1829), la terreur inégalée qu’ont semée à Québec les «brigands du Cap-Rouge» (1834-1837) et le meurtre inoubliable (1839) par lequel George Holmes a durablement ébranlé la société seigneuriale du XIXe siècle.
C’est l’histoire culturelle de ces figures marquantes, aujourd’hui méconnues mais longtemps obsédantes, que raconte ce livre. On y découvre un ensemble de biographies légendaires : interrogeant le processus par l’entremise duquel ces figures criminelles deviennent célèbres, Alex Gagnon analyse la généalogie de leurs représentations et met en lumière, autour de chacune d’elles, la cristallisation et l’évolution d’une mémoire collective. Au croisement entre le discours médiatique, la tradition orale et la littérature, l’imaginaire social fabrique, à partir de faits divers, de grandes figures antagoniques, incarnations du mal ou avatars du démon.
La perspective est historique, l’analyse, littéraire et l’horizon, anthropologique. Toute société a ses crimes et criminels légendaires : entrer dans ce panthéon maudit, aller à la rencontre de cette communauté du dehors, c’est aussi éclairer et questionner la dynamique fondatrice de nos sociétés, qui produisent de la cohésion sociale en construisant des figures de l’ennemi et de la menace. En ce sens, cet ouvrage ne révèle pas seulement un pan inexploré de l’histoire et de la culture québécoises; il poursuit, en s’appuyant sur des bases historiques concrètes, une réflexion générale sur ce que Cornelius Castoriadis appelait «l’institution de la société».
Docteur en littérature de l’Université de Montréal, où il a aussi été chargé de cours, Alex Gagnon est chercheur postdoctoral à l’Université du Québec à Montréal. La communauté du dehors est son premier livre. Il publiera, en 2017 chez Del Busso éditeur, un recueil d’essais sur la société et la culture contemporaines tiré de ses interventions sur le blogue Littéraires après tout, auquel il collabore activement depuis 2010.
Table des matières
Table des sigles
Cage de fer, cage de verre
Introduction
Trois crimes et une histoire culturelle
«Faits divers» et faits mémorables
«Mémoire collective» et transmission
La notion d’«imaginaire social»
Modus operandi
Première partie
La société du dessousLes brigandages de 1834 et 1835
Chapitre 1
Le «régime des assommeurs nocturnes». De l’anonymat au dévoilementLe fait divers comme interpellation et sommation
Une innommable terreur
La menace maîtrisée
Urbanités nocturnes. Le «crime» et son champ sémantique
Du fait divers à l’événement historique
Révélations romanesques et engagement philanthropique
Un procès de fictionnalisation
À chacun ses bas-fonds. Un «contre-monde» canadien
Plaidoyer pour une réforme
Récits de crime et justice pénale
Un «roman de l’actualité»
Chapitre 2
Bas-côtés. Poétiques de l’épurationL’invention des «brigands du Cap-Rouge»
Le crime. Une réalité chronotopique
Le criminel. Variations sur un état de chute
La prison. Entre pitié et répulsion
Forêts et cavernes. La canadianisation des bas-fonds européens
Rire, trembler, pleurer
«Bourreau des peuples». La représentation comme tentation et engendrement
Extension du domaine d’en bas
D’une auberge à l’autre. L’archipel des tapis-francs
Cap-Rouge et Pic-Bleu. Une hétérotopie
De l’alcool et du crime
Une morale de la résignation
Transmission d’un souvenir, persistance d’un imaginaire
Chapitre 3
La Nation contre le crime. Un patriotisme de l’expulsionDe l’exil au royaume. Chambers contre Papineau
Duplicité du criminel (prise quatre)
Splendeurs et misères d’un triomphe
La «nationalisation» des «brigands du Cap-Rouge»
«Brigands du Cap-Rouge» et tradition orale
Le brigand, le diable et l’Anglais
Du moulin du diable aux plaines d’Abraham
Conclusion partielle
La canadianisation d’un imaginaire socialDeuxième partie
Le cimetière imaginaireLe meurtre de 1829
Chapitre 4
L’influence d’un crime. De la presse au romanUn tribunal de papier
Figures du diable dans L’influence d’un livre
Contiguïté et continuité narratives
Le corps du crime
Le diable et le meurtrier
La transfiguration fictionnelle de François Marois
Invraisemblance et incohérence. La réception du roman en 1837
Chapitre 5
La fabrication du «docteur l’Indienne». Naissance et diffusion d’une figure légendaireUne première apparition
Une littérature utilitaire
Le singulier pluriel. Présence(s) du «docteur l’Indienne»
Chirurgie d’un roman, autopsie d’une censure
Les squelettes qui racontent
De la personne au personnage. Une indianisation
«La Corriveau.» Une parente proche
Le «fils assassiné». Un parent éloigné
Quatre facteurs de légendarisation
Chapitre 6
Extension, variations et transmission d’une légendeLes transformations du récit légendaire à la fin du XIXe siècle
Le descendant de Caïn
Trois témoignages de vivacité
«Mouvance» et ubiquité du «docteur l’Indienne»
De la mémoire à l’histoire. La légende pétrifiée
De la consignation à l’objectivation
«Le docteur l’Indienne.» Une démarche de révision
Vestiges. Dans la maison du meurtrier
Conclusion partielle (bis)
L’imaginaire social : un fonctionnement synergiqueTroisième partie
Taches rouges sur fond blancLe meurtre de Kamouraska
Chapitre 7
Le bruit et le silence. Variations autour d’un scandaleCirculation et fabrication de l’information. Entre bourdonnement et confusion
«Mille contes». L’usage de la rumeur devant un meurtre scandaleux
L’anonyme, le fugitif, l’insaisissable
Solidarités claniques et front familial. Regard sociologique sur l’étouffement d’un scandale
Jeux de pouvoir dans les coulisses de l’enquête
Le procès de 1841
Le Graal maudit. Autodafé et secrets de famille
Pouvoir et mémoire
Chapitre 8
La mémoire confinée. Postérité littéraire et mémorielle au XIXe siècleUn espace public sous tension. Interférence et coprésence médiatiques
Une «tache de sang dans nos annales»
Une entrée en littérature. De l’«enfer» à la «vie réelle»
La toute-puissance du récit familial
Chapitre 9
De neige et de fureur. Métamorphoses du fait divers dans KamouraskaGenèse du roman, transformation d’un récit
Une justice de sang. La tache indélébile
Le théâtre des «vieilles familles»
Voix et regards. Une symphonie accusatrice
Conclusion partielle (ter)
L’imaginaire social. Un enjeu de pouvoirConclusion
Une communauté du dehorsFigures de l’intolérable
Ennemis imaginaires
Les marges du monde
Ensemble et contre
Remerciements
Index des noms propres
Comptes rendusDaniel Nadeau, «La mémoire collective : l’imaginaire social comme liant du vouloir-vivre ensemble», 25 août 2017 : «C’est fort instructif de parcourir cet essai d’Alex Gagnon, ça nous rappelle que c’est un trait commun pour les sociétés de se fabriquer des ennemis et des menaces, de les entretenir par la rumeur et la tradition orale et de les distiller dans nos œuvres littéraires et nos essais. Ce qui se passe présentement au Québec avec la question du terrorisme musulman et de l’immigration procède de la même méthode. Nous nous fabriquons des ennemis, une communauté du dehors pour vaincre nos peurs et notre insécurité. Lire Gagnon c’est en quelque sorte un exercice de déconstruction du réel par la mise en distance critique de la façon dont est fabriqué notre imaginaire social. Si cela ne change pas nos préjugés sur les sujets d’actualité, cela permet tout au moins d’en relativiser l’importance. Ce qui, par les temps qui courent, est plus nécessaire que jamais pour notre hygiène mentale.»
Nouvelles études francophones, 32, 2, automne 2017, p. 238-241 (Jonathan Cimon-Lambert)
Site de l’Association canadienne de justice pénale, 17 janvier 2018 (André Normandeau)
Voix plurielles, 15, 1, 2018 : «L’ouvrage remarquable d’Alex Gagnon, de cinq cents pages, lauréat du Prix du meilleur livre 2017 de l’Association des professeur.es de français des universités et collègues canadiens (APFUCC), propose une analyse historique et littéraire des crimes et criminels légendaires du Québec des dix-neuvième et vingtième siècles» (Adina Balint).
Entrevue d’Alex Gagnon avec Arnaud Decroix, émission les Samedis du monde (Radio-Canada), 2 juin 2018
Revue d’histoire de l’Amérique française, 71, 3-4, 2018 : «L’écriture de Gagnon, par ailleurs, est remarquable. La langue riche, agile et précise, traduisant un souci de la métaphore juste, présente un style attentif aux sonorités, non dépourvu d’humour, qui sert autant le propos que la lecture. […] Dans ce livre, les spécialistes trouveront une contribution éloquente à l’étude d’un Québec littéraire bien antérieur à celui de la Révolution tranquille. Un public plus large pourra l’apprécier, non seulement en raison de son écriture limpide, mais parce que ce livre revisite une histoire assez connue (l’avènement au sein de la société québécoise d’une conscience de former une nation), mais en l’observant par son envers fantasmé» (Martin Robert).
Mens, 17, 1-2, automne 2016-printemps 2017, p. 219-225 : «une enquête vaste, surprenante, d’une minutie forçant l’admiration, qui revisite tout en les renouvelant les rapports entre littérature et société» (Adrien Rannaud).
L’Histoire, 441, novembre 2017, p. 26-27 (Dominique Kalifa)
Diffusion et distribution
La collection «Socius» est distribuée au Canada par Socadis (420, rue Stinson, Saint-Laurent, Québec, Canada H4N 3L7, tél. : 514.331.3300, tél. : 1.800.361.2847 [sans frais], téléc. : 514.745.3282, téléc. : 1.866.803.5422 [sans frais], courriel : socinfo@socadis.com).
Elle est distribuée en France par SODIS (128, av. du Maréchal de Lattre de Tassigny, B.P. 142, 77403 Lagny Cedex France, tél. : 01.60.07.82.99, téléc. : 01.64.30.32.27, courriel : portail@sodis.fr).
Elle est distribuée en Belgique et au Luxembourg par Patrimoine sprl (Avenue Milcamps 119, B-1030 Bruxelles, Belgique, tél. et téléc. : 02.7366847, courriel : patrimoine@telenet.be).
Elle est distribuée en Suisse par SERVIDIS S.A. (Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse, tél. : 22.960.95.32, téléc. : 22.960.95.77, courriel : ssandoz@servidislogistique.ch).
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